Charles Chehirlian

Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ?

Pas du tout. Étant petit j'étais plongé dans l'imaginaire et je passais mon temps à bricoler. Je rêvais de devenir ingénieur. Ce que j'ai fait d'ailleurs, en informatique.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des livres ?

Dans un monde professionnel où toute créativité était écrasée, j'ai ressenti le besoin d'imaginer, inventer quelque chose en totale liberté.

Ainsi naquit Kyan Rogh, un mardi à 13h après un steak bien saignant.

 

Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?

Diantre que oui! Je ne saurais pas quoi commencer. Je suis ce que l'on pourrait appeler un touche-à-tout couteau suisse moulti-usages, ambivalent sur bien des points.

-la musique, musicien guitariste chanteur depuis 20 ans. (métalleux/hard rockeur principalement, et tout ce qui est musical)

-la cuisine et la nourriture. Moi aimer manger bien et beaucoup.

-utiliser mes mains: travaux, modélisme, etc

-le sport: notamment cyclisme, tir à l'arc

-l'informatique et les sciences (rien d'étonnant ceci dit)

-rêver

-apprendre.

 

Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?

Quelle merveille que de s'évader et évader le lecteur dans ses mondes...c'est une sensation unique.

Mais être auteur n'est pas simple, surtout pour se faire connaître au milieu de toute cette nuée. Il est aussi compliqué d'être pris au sérieux et de gagner en crédibilité.

 

Où écrivez-vous ? À quel moment de la journée ? Combien de temps consacrez-vous à l’écriture ?

En général chez moi, ou dans un endroit calme, posé.  J'ai besoin de calme autour de moi pour écrire, même si je le fais souvent en musique (dans ce cas, c'est mon bruit!)

J'écris le soir, et surtout le matin. Le moment où je suis le plus productif est entre 4h et 10h du matin. Les idées fusent entre 23h et 4h du matin, là où le cerveau rêve encore (cf Chronobiologie).

Vous ne saviez pas ? Quand on est auteur, on ne dort plus.

 

Travaillez-vous sur ordinateur ou sur papier ?

Sur ordinateur. Étant informaticien à la base, je tape très vite. Qui plus est, sur PC, le copier/coller s'avère très pratique...

D'autant plus qu'entre développer un programme ou écrire un livre,  la frontière est très mince, il n'y a que le langage qui change.

Quel est votre livre préféré ?

Si je dis "Le Seigneur des anneaux", c'est surfait?

 

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Avec ma musique, parfois. En marchant parfois. Parfois les deux. Et souvent juste comme ça, parce que j'ai envie d'imaginer. 

Si je vous disais comment je trouve l'inspiration, je devrai vous envoyer mon dragon.

 

Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ?

Sauf mécanisme inconscient, pour les grandes lignes, tout est inventé de toute pièce.

Par contre, certaines descriptions ou situations peuvent être des références à notre monde, notre Histoire.

J'ai aussi mis beaucoup d'anecdotes, tirées d'éléments de ma vie, des clins d'œil à des proches qu'ils sont les seuls à reconnaître. Cela fait beaucoup d'effet, ils en sont profondément émus.

Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant d’écrire ?

Pour l'intrigue principale et les sous intrigues, je sais exactement où je vais. Pour Kyan Rogh, je suis parti de la fin, donc tout ce qui est dit, non dit, ou sous-entendu, ne l'est pas sans raison.

Ce que j'improvise au fil de l'eau, ce sont souvent les actions basiques, les lieux et créatures rencontrées. Je sais rapidement que je vais passer par là et que je vais faire vivre ça à mes personnages, mais les détails je sais aussi que je les pondrai au dernier moment. Je laisse venir pour ça.

 

Combien de temps passez-vous à écrire un livre ?

Mon rythme d'écriture est très variable. Parfois 5h par jour, parfois rien pendant des semaines. Pour ma part, je laisse venir les idées, l'inspiration. Je ne me force pas au risque de faire du mauvais que je devrai de toute façon reprendre entièrement. 

Beaucoup diraient qu'il faut s'imposer une rigueur, mais ce n'est pas ma manière de faire. Comme je le répète souvent...chacun sa manière de faire. D'autant plus qu'avec des pavés de 200 000 mots, la régularité ne peut pas être la même que pour des petits livres de 50 000 mots. C'est une approche différente.

Quant au temps que j'ai passé sur mes ouvrages? Le tome 1 de Kyan Rogh, environ...1500 heures. Je partais de zéro aussi. Je devais poser les bases, faire la carte, et surtout trouver mon style. En un mot, apprendre à écrire. Et ça été très très long.

Le tome 2 a pris un peu moins de temps, mais on doit tourner quand même à un petit millier d'heures.

Parlez-nous de vos ouvrages

Pour la Saga Kyan Rogh:

J’invite le lecteur dans le monde d'Hashkaria, que j’ai créé de toutes pièces : royaumes, cultures, peuples, mythologie, religions, philosophie, littérature, etc.

Ce roman est destiné aux personnes qui aiment se plonger dans un vaste univers, rêver. Le rythme est calme au début, et devient de plus en plus soutenu au fil des pages. 

Car oui, le monde d'Hashkaria est d'une rare richesse.

Ce roman commence tel un puzzle, avec des pièces éparpillées, qui semblent ne pas avoir de lien entre elles et qui finissent par s’assembler petit à petit.

Au début, je vous perds, vous ne comprendrez rien, c'est normal. Vous allez rencontrer les nombreux protagonistes avec leur propre histoire. Certains sont manichéens, d’autres plus nuancés, pour le moment. Vous ne verrez aucun lien entre eux, et puis au fur et à mesure vous allez comprendre, vous émerveiller.

Je vais aussi vous narrer nombre de Contes et légendes, allant d’odes de damnés, à des histoires plus poétiques avec des nymphes et des esprits de la nature.

J'aime jouer avec les quiproquos et les harengs rouges. Je vais donc vous surprendre.

Je vais vous faire voyager, rêver, mais aussi vous faire palpiter dans mes grandes batailles épiques. Je me délecte d'être dans la bataille, de donner le coup d'épée ou de me le prendre.

J'y ai écrit des musiques, j'ai inventé un langage (dans le conte "Isielle et Olkan").

Ayant été élevé avec Tolkien, j'ai appris à "prendre le temps" de découvrir.

Dans mes ouvrages, je prends le lecteur par la main et l’emmène sur Hashkaria. Ensuite, je ferme la porte à clef et la jette dans une oubliette. Puis, sans même chercher à la récupérer, le lecteur s’en va par-delà les Montagnes découvrir ce qui se cache derrière…

Pour tout âge. Plutôt orienté adulte, car l'histoire est très complexe et il y a tant de détails. Mais comme la violence n'est pas trop poussée et qu'il n'y a aucune scène obscène, il peut être lu assez jeune. Il faut juste que le lecteur ait assez de maturité littéraire.

Pour Isielle et Olkan:

C'est un conte court, se passant dans le monde d'Hashkaria, mais dissocié de la saga Kyan Rogh (quoique...)

C'est un condensé de ce qui peut être fait en fantaisie: monde riche, bataille, amour, créatures, magie, musique, langages, ombre et lumière.

Je le conseille fortement pour ceux qui n'oseraient pas se plonger tout de suite dans la saga, ou qui souhaiteraient simplement découvrir ce qu'est la fantasy, sans savoir par quoi commencer.

Également pour tout âge. Le style d'écriture est le même que Kyan Rogh. En revanche, vu la faible complexité de l'histoire, il peut être lu à partir de 8/9 ans.

Et la suite ?

On continue sur le tome 3.

J'ai quelques projets de nouvelles et aussi ...d'autres contes et légendes du même acabit qu'Isielle et Olkan.

Et pour l'autre suite, vous verrez. Voyons...je ne vais pas tout vous révéler (rire vraiment démoniaque).