Où faire une dédicace ? 


Un peu n'importe où, tant que cela sied à votre livre. En général, cela se fait en librairie, salon et événements particuliers (fêtes fantastiques pour ma part). Mais je l'ai aussi fait dans un restaurant et dans un pop-up store ! (ok, pour le restau, un peu pistonné sur le coup, j'avoue).

Côté librairie, quasiment toutes sont ouvertes à la chose. Évidemment, vous aurez plus de difficultés à être accepté en dédicace dans les grandes Fnac du centre-ville de Paris ou de Lyon qui n'accueillent que les « pointures » aux centaines de milliers d'ouvrages vendus.

Mises à part elles, vous pouvez y aller tous azimuts. Les Espace Culturels Leclerc et Cultura sont de très bons interlocuteurs et sont preneurs, mais n'hésitez pas à taper large : librairie indépendantes, médiathèques, etc. Essayez aussi de cibler, surtout si vous écrivez un genre particulier. Si vous faites du terroir, rien ne sert d'aller bien loin, restez local. Si vous faites dans l'érotique, évitez les salons de livres pour enfants (« Maman, pourquoi sur la couverture la madame et le monsieur y sont tous nus comme toi et papa hier soir ? »).

Quant à la ville en soi. Une dédicace est avant tout promotionnelle, mais, contrairement à un salon, vous devez tout de même penser un minimum à la rentabilité. En librairie, vous pouvez faire un bon bénéfice, donc évitez de trop dépenser en trajet.

Très important ! Attention au ratio distance/fatigue ! Une dédicace est éprouvante psychologiquement, surtout si elle n'a pas été fructueuse. Pensez donc aux dangers du trajet de retour, épuisé nerveusement et parfois physiquement. Si vous sentez que vous ne ferez rien de plus ce jour-là, préférez partir un peu plus tôt pour garder des forces pour le trajet.

Quand ?


Sur ce point, je parlerai des librairies. Le sujet va être assez vite traité : les samedis (et dimanches si c'est ouvert), c'est à ce moment où il y a le plus de monde. La semaine est à éviter. Vous pouvez y aller le mercredi si vous faites de la littérature pour enfant. Pendant les vacances scolaires la semaine peut tout de même être correcte. Si tous les jours étaient comme des samedis, je passerais mon temps en librairie...mais il en est ainsi.

Comment ?


Pour organiser une dédicace, c'est simple. Il vous suffit d'un bigophone, de savoir l'utiliser, et d'un tout petit peu de temps. Appeler les librairies, présentez vos ouvrages et vous-même. Les libraires ne sont pas tombés de la dernière pluie, ils savent que vous voulez faire une dédicace et sont parfois même plus intéressés par cela que par le dépôt d'ouvrages. Ce sont souvent eux qui embrayent sur le sujet. Calez une date et les horaires. Je commence toujours à 10h, mais franchement, c'est pour la forme et pour le sérieux, car il est rare que le matin soit bien riche en affluence. Tout dépend de la période.



L'organisation


Avant toute chose, pensez que vous n'allez pas pouvoir toujours décharger devant ledit lieu, prévoyez donc de quoi faire le minimum de voyages entre le véhicule et la librairie (dixit le mec aux 4 cartons de maquettes). Une valise est évidement le mieux. Pour ma part, j'ai un monstre en tissus dans lequel je pourrais transporter un cadavre (découpé).

Les premières fois, ayez une liste. Ensuite, sauf cas particulier, laissez tout dans la valise, inutile de tout ranger (sauf si vous prévoyez des denrées périssables ?).

La base et strict minimum : vos livres, des chevalets, des marques pages personnalisés, un stylo, un carnet pour noter. C'est l'absolu basique, mais ne vous leurrez pas, ce ne sera pas suffisant (cf paragraphe suivant sur le stand).

Combien de livres prend-on ? J'espère pour vous que vous en vendrez des centaines, mais ne vous leurrez pas. Plus sérieusement, cela dépend de votre roman, de l'endroit où vous allez le vendre, et de son poids... Personnellement, j'ai toujours un demi coffre rempli de bouquins, pour ne jamais manquer et en avoir au cas où je passe devant une librairie, où qu'on m'en achète en direct.



Ravitaillement :


Un salon, une dédicace, ça n'en a pas l'air, mais c'est épuisant, surtout si on est actif. Prévoyez alors du ravitaillement, surtout de l'eau. Vous allez rester debout, immobile ou à piétiner, votre dos va vous le faire sentir. Alors hydratez-vous. Chose cocasse, mais les dédicaces sont pour moi mon grand moment d'hydratation et de purge (parfois 3 litres d'eau dans la journée). Et puis, y faut du manger, du manger et encore du manger. J'adore les festivals fantastiques/médiévaux pour ça...saucisses, jambons et cochons, miam. Pardon, je m'égare. Vous l'aurez compris, faites comme si vous alliez faire du sport.



Un stand qui dépote du dragon au p'tit dej'



C'est simple : on doit vous VOIR. En librairie, une table avec des bouquins au milieu des étals ne se remarquera pas. Pour les salons, c'est un peu plus compliqué, car même si votre stand est superbe et original, il peut subir l'effet de masse au sens où il y a tellement de stands que plus personne ne les voit (j'en ai subi les frais à Paris, mais c'est la vie).

Le stand, c'est VOTRE stand, pas celui d'un autre. Outre le fait d'attirer les lecteurs, il doit vous refléter, vous et vos livres. Moi qui fais dans l'imaginaire, mon stand est une première invitation dans mon monde. Il fait comprendre au lecteur d'un simple coup d'oeil quel est mon genre d'écriture.

Sur le « quoi », faites à votre guise. Copiez, inspirez-vous, innovez ! Usez de tous vos talents, que d'autres n'ont pas. Vous êtes écrivain, donc créateur. Alors créez !

Si d'aventure vous aviez besoin de plus amples conseils où même d'un coup de main pour créer votre stand, je reste à votre disposition.

Les roll-up (bannières verticales):

Certains ne jugent que par les Roll-up. Si vous voulez en faire, les premiers prix débutent à 40 euros.

Mais attention. Tout le monde en a, ça peut vite être surfait, surtout s'il y en a d'autres autour. Cela sert néanmoins à être vu de loin, mais là aussi, quand il y en a beaucoup d'autres... Pour ma part, je viens tout juste d'en commander un. Je vais surtout m'en servir pour annoncer mon tome 2 en utilisant la dimension verticale. Mes maquettes ont toujours bien fait leur travail d'attrait. Ceci ne reste que mon avis personnel. À noter qu'un roll-up ne peut que rarement être utilisé en librairie.

Le marque-page : absolue nécessité. C'est votre carte de visite, ni plus ni moins. Personnellement, je les offre. Si vous souhaitez les vendre hors vente de livre, à votre guise, mais je vous le déconseille. C'est un coût dérisoire (30 euros les 1000), et cela ne vaut pas le coup de passer pour un marchand de tapis à vouloir vendre tout ce qu'on a. Mais, ce n'est là que mon opinion.

Prenez un deuxième stylo, au cas où le premier lâche. Un carnet, pour à minima noter les prénoms un peu compliqués (évitant ainsi les fautes d'orthographe). Vous pouvez l'utiliser pour y noter les adresses mail de vos lecteurs, vos stats de vente, vos idées de romans qui jailliraient, etc.

Ayez votre propre nappe, de préférence la plus grande possible (perso 3m sur 2m). Comme ça, vous n'aurez aucune mauvaise surprise.

Prévoyez aussi une décoration « modulable », car vous n'aurez jamais une table de la même taille d'une dédicace à l'autre. Mes maquettes sont au nombre de trois, que je pose selon les cas, et j'ai deux formats de carte de monde (une A3 et l'autre A4). Scotch et ciseaux sont aussi utiles.

Et enfin, un « must-have » pour les salons : le lecteur de carte bleue (sum-up est pas mal). Les français sont parmi les plus gros utilisateurs de CB au monde. À mon premier salon, je ne savais pas et j'avais prévu 50 euros de monnaie...échec critico-épique. Ayez quelques euros de monnaie oui, mais surtout la CB. Rares sont ceux qui me payent en espèces. Soit CB, soit chèque. Car oui, sur ce sujet, j'ai remarqué que pour acheter un livre dédicacé, beaucoup aimaient faire un chèque. Je leur signe un livre, ils me signent quelque chose en retour.



En librairie



Le libraire est votre ami. S'il accepté de vous accueillir en dédicace, ce n'est pas pour vous mettre des bâtons dans les roues, bien au contraire. Même si vous semblez stressé, détendez-vous. En général, les libraires sont super sympas et accueillants. Certes, il peut y avoir plus d'affinités avec certains, cela reste des relations humaines, mais sincèrement, je ne suis jamais tombé sur un malotru. J'ai toujours à minima apprécié mes échanges avec eux, et avec certains, c'était au top !

Il peut arriver que ledit jour, vous tombiez sur un mal luné, ça peut arriver et ça m'arrivera certainement, mais détendez-vous sur ce point. C'est toujours super cool.

N'oubliez pas que c'est le libraire qui va vendre vos ouvrages. Si vous faites le super « c.. » il ne les conseillera jamais.

Plus on est détendu, mieux c'est.

Prenez le temps de vous installer, en vérité rien ne presse (sauf cas où vous arrivez à la bourre à un salon, et encore, tant que vous êtes là, ça suffit). Restez humble, prenez ce qu'on vous offre. Si la table est trop petite ou si l'emplacement n'est pas merveilleux, demandez poliment un changement. Parfois c'est possible, parfois non, c'est ainsi. Adaptez-vous. Toujours dans la bonne humeur et le sourire (même si on a des cernes de 10cm de profondeur).

Niveau placement, la préférence est évidement devant l'entrée du magasin, mais tout dépend de sa configuration et de l'emplacement des rayons livres. Personnellement, quand notre rayon est proche de l'entrée, c'est au poil...







Auteur : Charles Chehirlian, écrivain et informaticien.