Épître II - Références steampunk

20 novembre 2021

Les miscellanées Steampunk de Maistre Philippe

Épître II - Les références Steampunk

Vous reprendrez bien un peu de références Steampunk ?

Oui, me direz-vous. Et je vous rétorquerai qu’en effet, mon premier article était davantage destiné à présenter le Steampunk en général qu’à vous fournir des références à foison.

Je vais tenter de pallier cette lacune - si lacune il y a - en offrant à votre avide et saine curiosité quelques exemples notables d’ambiances Steampunk.

Cette liste n’a bien évidemment pas pour vocation d’être exhaustive et encore moins objective. Elle n’a que l’humble objectif de vous présenter quelques œuvres sur des supports variés qui me semblent emblématiques de ce style.

La littérature

Commençons par la littérature.

La littérature Steampunk n’est, à mon grand dam, pas très développée dans notre pays. Bien souvent, le label “Steampunk” apposé aux livres en lettres dorées ne suffit pas à compenser les manquements au style. Néanmoins, il existe quelques ouvrages qui méritent, à mon humble avis, un petit détour.

Soyons chauvins et parlons d’abord de la France

Je pense ne pas pouvoir éviter Jules Verne, même si, comme indiqué dans mon précédent article, il s’agit de science fiction du XIXème siècle. Comportons-nous en béotiens et ne faisons aucun effort pour resituer l'œuvre dans son contexte historique (et croyez bien que cela me coûte).

Or donc, Jules Verne...que vous dire si ce n’est de tout lire ! On pourra néanmoins citer, parmi les plus emblématiques du genre : 

20 000 Lieues sous les mers”, rien que pour le Nautilus qui, à lui seul, vaut son pesant de cuivre. On notera que la propulsion dudit sous-marin n’est pas assurée par la vapeur mais par une puissante source d’énergie dont il n’est rien révélé. Mais je reviendrai sur les sources potentielles d’énergie de cet univers à l’occasion d’un futur article.

De la Terre à la Lune” et “Autour de la Lune” revêtent un délicieux mélange de science-fiction et de steampunk. Là, l'énergie est bien connue : la poudre, qui va expédier les héros en orbite autour de la lune, grâce à l’énorme canon “Columbiad”.

Soyons encore plus chauvins et rejoignons Lyon avec Victor Fleury.

Je ne saurais que trop vous conseiller son remarquable recueil de nouvelles “L’empire électrique” où steampunk et (super) héros de tout poil se mêlent allégrement dans une France où la capitale a été transportée à … Lyon. Bien que l’univers ne fasse aucun doute, on se situera plutôt sur de l’”Electricpunk” puisque la vapeur y est remplacée par l’électricité.  Il est regrettable que le second opus de ce même auteur, “L'homme électrique”, manque de dynamisme dans un univers bien moins mis en relief.

Partons à l’étranger.

Dans les auteurs récents, je citerai James Lovegrove avec “Les dossiers Cthulhu". Dans ce triptyque, l’auteur mêle steampunk et mythe de Cthulhu, pas toujours à propos et d’une façon manquant parfois de finesse. Néanmoins, les ouvrages sont très marqués par le style.

Je donnerai - mais avec toutes les réserves car votre serviteur ne l’a pas encore lue - la trilogie de Paul Di Filipo “La trilogie Steampunk” qui, si elle très bien située temporellement (dans la première nouvelle, la jeune reine Victoria vient de se faire enlever) semble de l’avis des lecteurs, assez inégale.

En bande-dessinée

Toujours sur papier...

… Mais en dessins ! 

Il existe de plus en plus de BD intégrant des éléments steampunk, y compris dans des styles n’ayant pas grand chose en commun comme le Med-Fan (par exemple).

Je me contenterai de deux références. La première, car elle m’a beaucoup plu et démontre que le steampunk n’est pas fait seulement de machineries lourdes bardées d’engrenages, mais peut aussi être léger et diaphane : “Le Château des étoiles” d’Alex Alice.

La seconde sera le récent “Nautilus” de Mathieux Mariolle et Génaël Grabowski qui, malgré une action plutôt longue à se mettre en place (et qui laisse présager de multiples tomes … sic), réussit à bien planter le décor et instiller l’ambiance.

Les films 

À l’écran.

Sans doute grâce aux multiples possibilités offertes par les effets spéciaux numériques, ils explorent de plus en plus le style. Dans des genres parfois très différents, des touches steampunk apparaissent de façon plus ou moins marquées.

Quelques films pour commencer :

Sans aller chercher bien loin : “20.000 Lieues sous les mers” (1954 !), le Nautilus et l'équipement des scaphandriers sont, à eux seuls, un hommage au style.

D’une façon générale, les autres adaptations de Verne à l’écran ont toutes une petite touche steampunk. Pour de petits plaisirs régressifs (mais vous devez être nés avant 1980 pour apprécier) : “Voyage au centre de la terre” (1959), "L'île mystérieuse” (1961). 

Dans un style similaire mais tiré d’autres auteurs : “L’île sur le toit du monde” (1974) et son ballon complètement dans le ton, “La machine à explorer le temps”, version 1960, tirée du roman d’H.G. Wells.

Quittons le passé - lointain pour certains - et parlons, bien évidemment, de “La cité des enfants perdus” (1995) une belle référence dont la fameuse cité est au sommet du genre.

Pour des touches plus légères, mais clairement identifiables, on aura : “Van Helsing” (2004) avec son arsenal totalement “steam”. 

“Le prestige” (2006), “Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire” (2004), “Sucker punch” (2011).

On trouvera aussi “Hellboy” (2004) de Guillermo Del Toro, alliant la démonologie à un steampunk plus contemporain (seconde guerre mondiale au début du film, présent ensuite).

Dans un style à prendre au second, voire au troisième degré, la base et l’équipement totalement steampunk des nazis dans l’hilarant “Iron Sky” (2012). En parlant de sky : “Captain Sky et le monde de demain” (2004).

Enfin, au risque de surprendre, le “Dune” de David Lynch (1984). En effet, dans le livre de référence de Franck Herbert, l’action, bien que très futuriste, se situe après le “Jihad Butlérien” qui a conduit à l’éradication de toute machine “pensante”. Partant de ce principe, David Lynch a su rendre très steampunk tout l’arsenal et l’équipement rétro-futuriste qui apparaît dans son film (rappelons qu’il avait reçu l’aval de l’écrivain qui partageait en grande partie sa vision). Comme quoi le steampunk peut se cacher dans des lieux et des temps étranges. 

Pour conclure sur une note très légère, je terminerai par “Charlie et la chocolaterie” (2005) et ses machineries fantasques qui nous entraîne vers tous les univers de Tim Burton.

Les séries

Et les séries dans tout ça ?

Je n’en recommanderai qu’une en dehors des “Mystères de l’Ouest”: “Carnival Row” (2019) qui mêle savamment steampunk et créatures fantastiques dans un univers glauque à souhait.

Films d'animations

Des films d’animation peut-être ?

Dans le francophone (bien que dénué de dialogue), “Les triplettes de Belleville" (2003) plante un décor très typé malgré une faible proportion technologique.

Mais c’est surtout l’empire du Soleil Levant qui nous gâte avec des longs métrages et des séries à foison.

Tout à trac : “Steamboy” (2004), “Kabaneri of the iron forteress” (2016), “L’Attaque des titans”(2013), “Steam detective”(1998) … et j’en passe.

Voilà, le petit tour de mes suggestions sur ce genre est terminé. J’espère qu’il vous aura donné envie de lire / voir / revoir certaines de ces œuvres.

En petit coquin que je suis, je me suis gardé sous le coude un autre domaine dans lequel le steampunk laisse de plus en plus son empreinte : le jeu. Plus particulièrement le jeu de plateau qui a toute mon affection. Mais ceci fera l’objet d’un futur article.

Lugdunum, le XX November MMXXI

L'auteur...
Philippe Don Conanucci

En 1970, belle époque des "pattes d'eph'", des cols "pelle à tarte" et des sous pull en tergal, mais aussi du rock'n'roll, naît votre serviteur.

Il suit une formation scientifique jusqu'en maîtrise, puis plus "molle" en enchaînant sur un 3ème cycle en organisation et gestion d'entreprise. De nombreux métiers se sont succédés depuis (électronicien, enseignant, informaticien, consultant, co-gestionnaire d'entreprise, ...) pour enfin revenir à ses premières amoures et...